La loi Évin et la liberté d’expression

La présence des messages publicitaires a une influence sur notre consommation quotidienne. Lorsqu’il s’agit de promouvoir l’alcool, les publicitaires font face à de grands défis. Bien évidemment, je salue toute initiative qui vise à encourager la modération de la consommation d’alcool. Par contre les récents ajouts à la Loi Évin en France vont, à mon sens, beaucoup trop loin.

Mais qu’est-ce que la Loi Évin?

La loi Évin, du nom de son auteur Claude Évin (ou loi du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme), lutte contre le tabagisme en établissant le principe d’une interdiction de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif, ainsi que dans les lieux collectifs de transport. Concernant l’alcool, elle limite fortement le droit de faire de la publicité pour les boissons alcoolisées afin de protéger les jeunes des opérations de marketing. – Wikipedia

Des exemples concrets:

 

Blog rue 89
Source: NO WINE IS INNOCENT

En bref, la consommation de vin baisse en général, tandis que la consommation d’alcool augmente chez les jeunes en particulier : dans le premier cas, la loi Evin n’y est pour rien, dans le second cas, elle n’y peut rien… Le problème de la loi Evin, c’est donc surtout qu’elle ne sert à rien. – Source: NO WINE IS INNOCENT

Cette capsule explique simplement les enjeux liés à la nouvelle interprétation de la Loi Évin:

« A quelques jours de la présentation des grandes lignes de la prochaine Loi de Santé Publique par le Ministère de la Santé, Vin & Société au nom des 500 000 acteurs de la vigne et du vin appelle à un débat constructif et fait trois propositions : revenir à l’esprit originel de la Loi Evin : encadrer la publicité et protéger les populations à risque ; clarifier les frontières entre ce qui relève d’une part de la publicité, d’autre part de l’information journalistique, du divertissement, de la création artistique et culturelle ; permettre d’exprimer des messages de consommation responsable (seule l’incitation à l’abus devant être condamnée) dans les publicités et diffuser les repères de consommation du PNNS (Programme National Nutrition Santé) et culturelle. » Communiqué de presse de Vin & Société

Anecdote d’un vigneron de Puligny-Montrachet:

Qu’on fasse attention pour ne pas faire la promotion d’une consommation non responsable je veux bien, mais peut-on également laisser les journalistes, blogueurs et surtout vignerons libre de parler de vin? Imaginez quand même la perte, en France mon blogue pourrait devenir illégal. Non, mais!

D’après vous, quels sont les moyens efficaces de prévenir l’abus d’alcool chez les jeunes?

Pour obtenir plus d’information sur le sujet, je vous suggère de consulter le site si bien fait par Vin et Société.

Les événements vin québécois sur les réseaux sociaux

En tant que consultante en médias sociaux et apprentie sommelière, j’ai tendance à remarquer rapidement la qualité de l’utilisation des réseaux sociaux que font les événements auxquels je prend part. Je dois l’avouer, les salons des vins québécois gagneraient à améliorer leur présence en ligne. Il y a certes de bonnes volontés, mais beaucoup reste à faire. Voici donc mes trucs pour mettre tous ces événements « sur la map ». Après tout, avec cette importante augmentation de découvreurs du vin, il serait bien de les voir courir à ces dégustations organisées.

Présence sur les réseaux sociaux

Je suis persuadée que je ne suis pas la seule à chercher sur Facebook un salon des vins auquel je prendrai part, tantôt pour fouiner l’ambiance de l’édition précédente, tantôt pour voir qui en a parlé cette année. On parle ici de bien investir temps et ressources afin de créer un calendrier mensuel varié et intéressant, de partager des contenus traitant plus largement de vin ou de relayer des articles des années passées.

Quel réseaux choisir?

Voilà une excellente question qui mérite une réflexion approfondie. En effet, chacun des événements à une clientèle cible qui lui est propre. Et chaque réseau a des usagers qui diffère. Voilà pourquoi vous devez prendre le temps de développer votre stratégie attentivement avant de vous lancer sur tous les réseaux possible sans vraiment les alimenter.

Gardez une constance au niveau de votre identité en ligne. Les gens doivent être en mesure de vous trouver rapidement et facilement. L’image de marque et le nom de votre événement doivent donc être les mêmes tant sur le site web que sur les différents réseaux sociaux.

Utilisez chacun des réseaux individuellement, brisez immédiatement les partages automatiques qui se font de Facebook à Twitter ou inversement. Une phrase coupée, un contenu non adéquat et l’impression de ne pas prendre les réseaux sociaux au sérieux, voilà ce qui est répercuté.

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Créez un site web avec des liens facile à trouver vers vos réseaux sociaux comme c’est le cas pour La Grande dégustation de Montréal. Malheureusement on ne peut en dire autant du site web du Salon des vins de Laval qui est une page fixe sans liens cliquables, même pas l’adresse courriel inscrite. Les réseaux sociaux en sont aussi absents.

Avant l’événement

– Vos réseaux devraient diriger vers votre site web et vice-versa. Vous ne voulez pas que le trafic d’internautes se retrouve dans un cul-de-sac.

-Définissez un mot-clique à l’avance et diffusez-le largement. Il doit être visible lors de l’événement, sur les communiqués de presse et dans les entrevues données aux médias. Choisissez un mot-clique intemporel afin de permettre aux gens de retrouver les photos de l’an dernier. Ainsi #LGDMTL est un meilleur mot-clique que #LGDMTL2013. Vérifiez que le mot-clique n’est pas utilisé pour autre chose. Vous ne voudriez pas vous retrouver avec une convention de stripteaseuses sur votre fil ou écran Tweetwall. Non.

– Repartagez un album photo de l’édition de l’an passé ainsi que quelques articles pertinents. Il faut arrêter de voir les réseaux sociaux comme étant un moyen de promotion à sens unique, c’est aussi et surtout une excellente façon de bâtir une communauté autour de l’événement, et ainsi fidéliser ses adeptes.

– Envoyez un dossier de presse aux journalistes et blogueurs avec de belles photos en haute résolution.

– Effectuez une animation soutenue des réseaux sociaux au moins 6 mois avant l’événement. Vos réseaux devraient être entretenus l’année durant. Quitte à adopter un rythme de publication à temps partiel, une présence continue vous donne de la crédibilité. En ce sens, prenez exemple sur Igloofest ou sur le Festival international de Jazz de Montréal.

– Vérifiez que les liens vers vos différents réseaux sociaux sont fonctionnels sur votre site web. La plupart des événements que j’ai analysés répondaient à ce critère important, mais pas tous.

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– Créez des parcours thématiques afin d’aider les participants à s’y retrouver devant l’offre de vins à déguster. Le parcours du néophyte, le parcours de l’amateur de cabernet-sauvignon, etc.

Inclure les blogueurs

Une importante communauté de blogueurs de qualité traitant de vin est présente au Québec. Pourtant peu d’organisation les inclut dans leur événement. Un jury composé de blogueurs afin de décerner le vin le plus surprenant du salon, voilà une belle idée. Invitez les blogueurs, donnez leur un dossier d’information, des photos en haute résolution. Une visite guidée privée de l’événement pour le groupe de blogueur avec une dégustation dirigée, voilà de quoi donner de la matière à inspirer. Mais n’oubliez pas que vous ne devez pas exiger un retour de leur part et qu’un blogueur a le droit de critiquer votre événement selon son appréciation. Avoir le pouls des blogueurs est une excellente opportunité d’améliorer l’expérience vécue lors de votre salon.

Crédit photo: SAQ Cellier
Crédit photo: SAQ Cellier
Animation & gestion de communauté pendant l’événement

Ce qui m’a le plus surpris lors de ma participation, était l’absence de réponse sur les réseaux sociaux pendant ces événements. Je pense qu’il faut absolument allouer une personne en charge d’animer les réseaux sociaux durant toute la tenue d’un événement. Repartager le contenu des participants mis sur Instagram ou Twitter est aussi une bonne idée, en plus d’être du contenu facile à trouver.

Chaque jour, vous devriez:

– Twitter en direct de l’événement, publier des photographies sur Facebook avec des descriptions ludiques et informatives, partager les coups de coeur de certains participants, répondre aux gens qui commentent vos publications, animer vos comptes de façon dynamique et d’un ton convivial.

– Publier des photos sur Instagram, répondre aux participants ayant publié des photos en utilisant le mot-clique de l’événement, s’abonner à leurs comptes.

– Partager les articles des médias ou blogueurs au fur et à mesure qu’ils sont publiés. Comme vous le verrez, cela peut donner envie aux gens de se déplacer le lendemain.

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Animation des réseaux en dehors de la période de l’événement

Si vous êtes de vrais pros, vous entretiendrez une relation privilégiée avec les amateurs de votre événement toute l’année durant. En ce sens, je félicite la Fête des vendanges de Magog-Orford pour sa constance. Vins du Québec, la page Facebook liée à la Fête des vins du Québec est également active. Imaginez si vous appreniez à connaitre Sophie qui avait tant instagramé sa participation l’an dernier et que vous pouviez alors la diriger exactement vers le kiosque qui lui plaira le plus. Voilà ce que j’appelle une gestion de communauté de qualité. Il faut penser long terme, créer des liens significatifs et authentiques avec les participants et ainsi les transformer en ambassadeurs.

Pour écrire ce billet, j’ai analysé la présence sur les réseaux sociaux des événements suivants: La grande dégustation de Montréal, Le Salon des vins de Laval, la Fête des vins du Québec, Bordeaux fête le vin à Québec, Raspipav, la Fête des vendanges de Magog, le Festival des vins de Saguenay.

J’espère que ce billet vous permettra de poser les bases d’une excellente présence en ligne pour votre événement. N’hésitez pas à me contacter si vous désirez pousser plus loin la réflexion sur l’utilisation des médias sociaux. Bonne dégustation 2.0!

– Votre apprentie sommelière