Deux accords pour le week-end de l’Action de grâce

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Vous êtes plusieurs à m’avoir demandé des accords mijotés, plats de courges et vin. En attendant mes articles de voyages j’ai eu envie de faire une trêve de boulot afin de vous suggérer deux vins pour accompagner vos plats du week-end de l’Action de grâce.

Pour moi automne rime avec ratatouille, croustade aux pommes et mijoté de boeuf. La semaine dernière des amis avaient apporté lors d’une soirée Pot luck, un mijoté des plus succulent, recette empruntée à Ricardo. Le boeuf braisé à la bière et au chorizo allait complètement off stager les huîtres et tout le reste. Je me suis donc promise que je cuisinerais cette recette lors de ce long week-end qui arrive.

Quel vin boire avec ce plat? Je sais, une bière brune serait toute indiquée, mais si comme moi vous préférez le vin je vous suggère alors celui-ci:

Montirius Vacqueyras  [http://bit.ly/17hOcdw]

Montirius

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour une recette de carrés d’agneau vous ne vous tromperez pas avec celui-ci:

Les Vins de Vienne Les Cranilles 2012   [http://bit.ly/18Sd9iE]

Vins de Vienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je laisse la pétillante Aurélia Filion de Bu sur le web vous décrire ce vin. Je ne sais pas si je serais allée jusqu’à dire qu’il me donne envie de célébrer le rock and roll, mais pour le reste je partage avec Aurélia l’idée principale : il s’agit d’un vin à boire entre amis autour d’une bonne bouffe (d’automne).

 

 

Bonne fin de semaine de l’Action de grâce!

Réflexions aériennes

Êtes-vous passionnés par ce que vous faites dans la vie? Je suis privilégiée d’avoir l’opportunité de réaliser mes rêves comme je suis en train de le faire. Incapable de dormir assise, je vous écris de l’avion où je réfléchissais sur la chance que j’ai, ou peut-être sur celle que je me suis créée.

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Les boulots que j’ai faits ne m’ont jamais allumée autant que celui de consultante en médias sociaux comme c’est le cas présentement. Et depuis que j’ai fait le choix gutsy de laisser mon emploi de fonctionnaire pour aller voler de mes propres ailes, la chance me colle au cul, littéralement. Une amie me disait que lorsque l’on fait des choix difficiles, la vie nous récompense par la suite. Cette réflexion a résonné en moi au cours de la dernière année. Et lorsque je pensais au boulot parfait, je visualisais exactement ce qui m’arrive présentement : jumeler réseaux sociaux et vin. Maintenant que je le vis au quotidien, je m’éclate comme jamais.

Que pouvait-il m’arriver de mieux encore? Réaliser un autre projet fou : celui de suivre un cours de sommellerie. Il y a quelques semaines, alors que je posais une question bête à mes contacts Facebook, je me suis retrouvée invitée VIP dans des vignobles en Espagne et à Bordeaux. J’ai peine à croire que dans quelques jours, je serai en pleine dégustation avec des gens passionnés qui me partageront leur amour du vin. Cela peut sembler futile pour certains, mais je crois que pour moi ce sera toujours un privilège d’avoir l’opportunité d’entrer dans l’intimité de la relation d’un vigneron et son vin.

Je vous laisse, je vais aller regarder les nuages en écoutant de la musique, le sourire étampé dans le visage. Merci la vie. T’es pas mal smath.

Pour suivre les péripéties de mon voyage de dégustation et de découvertes, suivez #BCNBOD (codes d’aéroport de Barcelone et Bordeaux) sur Instagram et Twitter.

– Votre apprentie sommelière

Moment de vérité: la dégustation à l’aveugle

Quand je me suis inscrite à l’ITHQ, je pensais bien qu’on en apprendrait sur la dégustation, mais je ne m’attendais pas à ce que cela se fasse si tôt. Premier cours, on déguste 4 vins. Personne ne prend de crachoir : gênés, on n’ose pas. Le professeur Stéphane Leroux déguste, nous sommes ébahis.

Deuxième cours : tout le monde a compris que c’était un peu stupide de ne pas cracher, tous ont désormais leur crachoir. Le prof nomme quelqu’un qui doit décrire le vin; nous sommes inquiets.

Le stress des prochains cours me rend presque malade. Je décide alors de me lancer, volontairement, arguant que je préfère choisir le moment où je vais au bûcher (mes mots exacts). Sans faire d’exploits surhumains, je me débrouille; je suis soulagée.

 

Dégustation de vin

 

Quelques cours plus tard, notre professeur nous annonce que dorénavant, les dégustations se feront debout devant la classe. Stress intense prise 2. Je me porte encore volontaire, je serai la première à déguster devant tous. Je décide d’ajouter un accord vin et mets à ma description. Peu de gens s’y risquant, j’ai eu envie de me lancer. Après tout, tant qu’à payer un cours aussi cher, aussi bien en retirer le maximum, non? La réaction du prof : il était content que je me sois lancée dans cet ajout.

Je me suis vite aperçue, au fur et à mesure des dégustations, quelles étaient mes forces et faiblesses :

1- Je suis incapable, en dégustant un vin, de me prononcer sur son avenir. « Je le ferais vieillir encore 7 à 10 ans », se prononçaient certains. Euh, je viens de prendre une gorgée et je dois savoir ça, moi?
2- Il y a des soirs où mes notes de dégustation sont conformes à celles du prof et d’autres où je semble avoir oublié mes sens olfactif et gustatif à la maison. Ceci me pousse à croire aux principes de la biodynamie : les jours fruits, on déguste mieux. Peut-on organiser les prochaines sessions de cours selon le calendrier lunaire, svp?
3- Je sais harmoniser un vin avec un plat. Je me mets souvent au défi dans mon travail de gestionnaire de communauté pour la SAQ. Je tente de deviner quels types de plats iraient avec tel vin et j’y arrive souvent. Faut dire que j’ai plusieurs années d’épicurisme derrière la cravate.

 

L’examen

Vient alors le jour D, pour examen de dégustation. Nous avons deux vins devant nous, deux fiches à remplir. Un de ces deux vins doit être dégusté devant le prof et nous devons deviner millésime, cépage, région et appellation. Pour l’appellation, on repassera, je ne me sens généralement pas encore assez calée pour ça. J’ai fait de mon mieux et il s’est avéré que c’était pas mal. Certainement un des exercices les plus stressants de ma vie. Maintenant que c’est fait, j’ai envie de me remettre au défi quotidiennement. J’ai d’ailleurs mandaté mon amoureux : chaque semaine, à l’aide de Gaston, mon conseiller de la SAQ Beaubien, il sélectionne un vin typique d’une région française que je dois ensuite deviner. Vous allez rire, mais je vous avoue que c’est probablement le meilleur moment de la semaine!

 

Les copains pros de la dégustation: Messieurs Fred Fortin (SAQ Cellier) et David Pelletier (alias Le Sommelier Fou) ainsi qu'une amie et collègue de mon cours de sommellerie, Kim Jalabert lors du Salon des vins de Québec.
Les copains pros de la dégustation: Messieurs Fred Fortin (SAQ Cellier) et David Pelletier (alias Le Sommelier Fou) ainsi qu’une amie et collègue de mon cours de sommellerie, Kim Jalabert. Au Salon des vins de Québec.

 

Pour en apprendre plus sur la dégustation, j’ai dégoté les vidéos suivantes qui vous donneront peut-être envie de troquer votre partie de jeu de cartes du vendredi pour une dégustation à l’aveugle entre amis!

Élyse Lambert et ses trucs du métier:

 

J’ai trouvé cette vidéo qui m’a paru très claire. Il faut par contre faire abstraction de la repoussante musique d’ascenseur.

 

Capsule SAQ Cellier dans laquelle l’experte produits Julie Perreault nous partage les plaisirs de la dégustation à l’aveugle et des trucs pour en organiser :

 

Et finalement, pour vous jeter par terre, regardez avec quelle aisance et rapidité notre grande Véronique Rivest décrit les vins lors du concours du meilleur sommelier du monde 2013. Épatant, vraiment!

 

Même si je suis loin d’être une Véronique Rivest ou même d’en avoir l’aspiration, le plaisir de se lancer à la découverte de l’inconnu qui se cache dans mon verre est devenu incontournable. J’ai un ami parfait avec qui m’adonner à cette activité. Autodidacte, il s’est fichtrement bien entraîné, tant théoriquement qu’en pratique. Ensemble, on prend un plaisir fou à se mettre au défi, privant nos amis de notre présence pour 20 minutes de notes de dégustation à chaque nouvelle bouteille ouverte. Je suis contente de partager cet amour de la dégustation avec certains amis parce qu’il m’est encore difficile de me lancer lorsqu’un sommelier pro est à mes côtés. C’est là où je me rend compte à quel point l’univers du vin est impressionnant et qu’il y a tant à apprendre.

– Votre apprentie sommelière

« Wine is bottled poetry »

 

Quand j’ai commencé le cours de sommellerie à l’ITHQ, la première chose qui m’a frappée, c’est la quantité de qualificatifs que l’on peut donner à un vin. Avec autant de termes pour qualifier les tanins d’un vin, il devient facile de s’y perdre, mais aussi d’y voir une certaine poésie. Des tanins anguleux à soyeux en passant par l’arôme de mercaptan, la poésie du vin m’était donc révélée. J’ai eu envie de vous partager mes coups de cœur du vocabulaire poétique vinicole.

Vocabulaire poétique de l’amateur de vin

Anguleux : âpre, astringent.

Anthocyanes : pigments rouges du raisin. Ils sont produits par la photosynthèse lors de la maturation. Localisés dans la peau des raisins rouges ou gris, ils se diffusent dans le moût pendant la phase de macération, durant la fermentation alcoolique.

Botrytis cinerea : champignon qui se développe sur les grappes de raisin par temps humide. C’est l’agent de la pourriture grise, que l’on retrouve dans tous les fruits. Ce champignon est également responsable de la pourriture noble qui permet la production des grands liquoreux, comme le sauternes, mais uniquement dans des conditions particulières : chaleur, soleil et maturité des raisins.

Caudalie : unité de mesure de la persistance aromatique intense, c’est-à-dire de la longueur en bouche. Une caudalie correspond à une seconde de persistance. La persistance aromatique ou longueur en bouche est un élément déterminant de la qualité et donc de la hiérarchie des vins. – Mon mot vinicole préféré. J’adore compter dans ma tête lors des dégustations en classe : « une caudalie, deux caudalies, trois caudalies… »

Coulant : se dit des tanins souples et agréables. – Avouez que ça vous donne soif! 😉

Éventé : sans bouquet, sans arôme.

Foxé : odeur ou goût de sauvage, de fauve (souvent issu de raisins de vignes américaines).

Gouleyant: frais et léger, agréable à boire.

Larmes : après avoir fait tourner le vin dans son verre, on observe des gouttes transparentes qui descendent lentement sur la paroi – ce sont les larmes. On peut aussi utiliser le terme de jambes – ce qui me fait parfois écrire dans mes fiches de dégustation : « les jambes sont frêles ». Les larmes sont plus abondantes lorsque la concentration en alcool du vin est élevée.

Mâche : un vin qui a de la mâche est un vin qui a du corps, des tanins, qui donne en bouche une telle sensation de richesse qu’on croirait pouvoir le mâcher. – Si vous ne voyez pas de poésie là-dedans, c’est que vous ne la verrez nulle part!

Soyeux : tanins de grande qualité, d’un grain très fin témoignant d’un bon équilibre en bouche.

On pourrait donc dire…

«Ce vin voilé aux arômes foxés et possédant des tanins soyeux a de jolies larmes frêles et est en bouche un nectar gouleyant de six caudalies.»

 

Pas surprenant que le vin ait inspiré plus d’un poète, comme en témoigne ce poème de Charles Baudelaire :

 

L’âme du vin

Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles :

« Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,

Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,

Un chant plein de lumière et de fraternité!

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,

De peine, de sueur et de soleil cuisant

Pour engendrer ma vie et pour me donner l’âme;

Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

Car j’éprouve une joie immense quand je tombe

Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,

Et sa chaude poitrine est une douce tombe

Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Entends-tu retentir les refrains des dimanches

Et l’espoir qui gazouille en mon sein palpitant?

Les coudes sur la table et retroussant tes manches,

Tu me glorifieras et tu seras content;

J’allumerai les yeux de ta femme ravie;

À ton fils je rendrai sa force et ses couleurs

Et serai pour ce frêle athlète de la vie

L’huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,

Grain précieux jeté par l’éternel Semeur,

Pour que de notre amour naisse la poésie

Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur! »

 

Le vin a aussi incité une œnologue française à user de lyrisme dans une soirée performance alliant dégustation de vin et poésie de manière assez… unique.

« Du vin à déguster jusqu’aux oreilles »:

Je serais très curieuse d’avoir vos réactions sur ce lexique poétique.

 

Alors, le vin est-il pour vous synonyme de poésie? De toute façon, ce qui compte, c’est de savoir si c’est bon en arrière de la cravate!

 

– Votre apprentie sommelière

[Notez que je publierai sous peu un billet sur la dégustation de vin pour les nuls. Vous pourrez ainsi connaître les termes les plus utilisés lors des dégustations de pro.]