Alsace : premières impressions

L’excitation de la découverte du vieux Strasbourg, de ses bâtiments typiques et de la majestueuse cathédrale laisse place tranquillement à la fatigue et à la faim. On déambule à la recherche d’une microbrasserie recommandée par des collègues québécois. Au fur et à mesure que l’on tourne en rond, mon compagnon de voyage finit par faiblir et m’avertir que sa limite est atteinte. Je le comprends, je suis moi-même fatiguée d’autant de marche et mon estomac hurle à tue-tête. On entre dans le premier resto-bar que l’on croise; tant pis, la microbrasserie, ce sera pour une autre fois. Le menu affiche un plat que je ne connais pas, des knacks. Pensant qu’il s’agit là d’un plat typique de la région, je demande à la serveuse :

– C’est quoi des knacks?

– Ha! Vous n’êtes pas alsacienne!

– Effectivement… [deux morceaux de robots, championne]

– Eh bien, c’est comme des Knacki!

– Hum okay…

*sourire niais de la serveuse attendant mon verdict*

– Je vais prendre ça, alors!

Jeannette et les cycleux
Jeannette et les cycleux
knack
Les knacks! Accompagnés de patates, of course!

Toujours gagnant de se faire expliquer quelque chose avec un mot étymologiquement vachement rapproché! Je tente quand même ma chance, je veux découvrir les saveurs alsaciennes. Finalement, les knacks, là, c’est des saucisses. J’apprendrai plus tard que Knacki réfère à des saucisses plus petites. Tu le sauras. Et de la saucisse, on en a mangé! En accompagnement de la traditionnelle choucroute, sur une pizza ou dans un bouilli, elle trône fièrement dans tant de plats de la région. L’autre aliment «sur-ingéré» lors du voyage? Les patates. Sérieux, j’ai dû manger ma portion de patates pour dix ans.

Flammekueche
Flammekueche! #Oui

Autre plat alsacien qu’il me fallait déguster : la tarte flambée ou flammekueche, son nom local, une pizza à croûte mince à la sauce blanche, souvent parsemée de jambon et toujours gratinée. La cuisine alsacienne, c’est pas pour les moumounes : estomacs sensibles s’abstenir. Assez que tout cela m’a fait dire dans un statut Facebook que «les légumes, c’est pour les faibles!». Pas étonnant dans ce contexte que les vins blancs de la région soient aussi nombreux sur les tables des restaurants de Strasbourg.

CONSTATS ALSACIENS

1- L’opposition sec/fruité

Dans tous les restaurants où nous nous sommes présentés, on nous a demandé si l’on voulait un vin sec ou fruité. Le genre d’opposition qui fera friser les oreilles du connaisseur de vin. En effet, on devrait plutôt opposer sec et sucré, le fruit du vin pouvant être tout aussi présent dans un vin sec qu’un vin au taux de sucre résiduel élevé. Et cette question était tellement répandue, même dans des bars à vin où le personnel est clairement ferré en la matière. Un mystère.

2- Les Alsaciens snobent leurs vins

Alors que nous sommes en visite au célèbre Domaine Ostertag, notre hôte Thomas nous explique que les Alsaciens considèrent les vins de la région comme «de bons vins de table». Ils en boivent, mais ne paieront pas plus que quelques euros pour un vin d’entrée de gamme. S’il dépensent 20 euros pour une bouteille, ce sera pour un vin de Bourgogne ou du Rhône. Les producteurs rencontrés nous ont tous avoué qu’il leur était difficile de sensibiliser les consommateurs à la découverte des grands crus d’Alsace.

Barmes-buecher
Avec Sophie Barmès du Domaine Barmès-Buecher

3- J’aime le riesling, point barre

Dire qu’avant, je n’appréciais pas ce cépage! Fou. Et en Alsace, il s’exprime magnifiquement! Je pense au cru de Muenchberg dégusté au Domaine Ostertag ou à celui de Hengst au Domaine Barmès Buecher! Le riesling, c’est l’apéro parfait, puisqu’il fait saliver avec son acidité tranchante. C’est aussi le vin idéal pour arriver à survivre aux plats copieux et gratinés au munster, un fromage local.

Choucrouterie

Chroucrouterie

4- La gastronomie Alsacienne, c’est réconfortant

Un ami m’a dit un jour «le gras, c’est la vie», et je l’entendais alors que je m’empiffrais de plats gras et savoureux de la région. C’est vrai, les plats typiques sont plutôt lourds, mais comme fuite réconfortante de la tempête du siècle que nous avions connu à Montréal avant notre départ, de la choucroute avec des tranches de lard, ça fait la job! Notre visite à la Choucrouterie fût épique, seuls dans le restaurants attenant à un théâtre, on a eu un service un peu trop personnalisé. Moment succulent tout autant que le gras que l’assiette contenait. D’ailleurs, amies féministes, détournez le regard du fond de votre assiette car l’oeuvre peinte dans celle-ci et tant appréciée du propriétaire est…assez spéciale, mettons.  La voici.

Choucrouterie, Strasbourg

Tout ça me donne faim. Je mangerais volontiers des flammekueches là, là. On se part un resto à Montréal?

5- Le gewurztraminer, c’est pas toujours lourd

Je suis heureuse d’avoir eu la chance de déguster le gewurztraminer du Domaine Ostertag. L’acidité élevée rehaussait le vin dans une harmonie des plus agréables. Une surprenante légèreté pour ce cépage souvent élevé en sucre résiduel.

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Quelques adresses:

Pour la choucroute : Choucrouterie

Pour une bière de fin de soirée, une microbrasserie sympathique, bières excellentes : Brasserie La Lanterne

Pour les knacks : Jeannette et les cycleux

Mes prochains billets iront plus en profondeur sur les domaines vinicoles visités…à suivre!