Sur les traces de Sideways

Si vous êtes un amateur de vin, vous avez assurément vu ou entendu parler de l’adaptation cinématographique du livre de Rex Pickett, Sideways. Le film a été tourné il y a dix ans dans le comté de Santa Barbara, où s’est tenue la Wine bloggers Conference plus tôt cet été. Accompagnée d’Alex, un ami anglais, j’en ai profité pour partir sur les traces du film.

Hitching Post II

Comme je le mentionnais dans mon billet sur mes réflexions californiennes, la visite du restaurant Hitching Post II et la dégustation de ses pinots noirs est assurément un moment fort de mon périple en sol californien.

Sideways

Des pinots noirs hallucinants

Les vins du Hitching Post II proviennent exclusivement du vignoble Hartley Ostini. 

C’est en 1979 que Gray Hartley, un ancien pêcheur de saumon de l’Alaska et Frank Ostini, le chef et propriétaire du Restaurant Post II ont décidé de se lancer dans le vin. Ce dernier souhaitait mettre ces vins sur la carte du restaurant. C’est en 1981 qu’ils décidèrent de tenter la culture du pinot noir et je les en remercie.

Santa Maria Valley’s unique soil and maritime influence in the region is gaining renown for its cool climate and ideal growing conditions. Perfect for producing coveted Pinot Noirs, Chardonnays, Syrahs, and other varietals.- Santa Maria Valley wine country

Bien Nacido pinot noir, Santa Maria valley 2006: nez d’épices douces, de poivre, de cerise mûre. Un vin qui a breveté l’adjectif gouleyant. Je me suis rapporté une bouteille de ce pinot que j’ai tant aimé lors de ma visite au resto. J’attends la bonne occasion pour le déguster. Croyez-moi, ce pinot vaut de très bons bourgognes.

Hitching Post pinot noir

L’effet Sideways

 Sideways c’est aussi le pouvoir d’un film sur la consommation de vin et le succès d’un restaurant.

Suite à la sortie du film en 2004, les ventes de merlot ont chuté de 2% tandis que les ventes de Pinot Noir ont augmenté de 16% dans l’Ouest des États-Unis.

Virtually all the results are consistent with the theory that « Sideways » had a negative impact on the consumption of Merlot, while increasing the consumption of Pinot Noir. However, far from having a « devastating » effect on Merlot, the positive impact on Pinot Noir appears greater than the negative impact on Merlot. In fact, while the main impact of the movie on Merlot was to slow the growth of case volume, the case volume of Pinot Noir increased significantly. The « Sideways » effect © Wines & Vines

Hitching Post II

Hitching Post
Notre serveur Chris et mon ami Alex Down, blogueur de Londres.

Assis au bar Alex et moi avons fait la rencontre d’un habitué. Il nous a raconté l’effet Sideways et l’évolution du restaurant avant, pendant et après. Il semble que l’écrivain Rex Pickett était un habitué et venait au bar parfois pour travailler à l’écriture du roman. Tous riaient de ses ambitions, raconte-t-il dans cette citation prise sur le site web du restaurant:

« Sideways started more than 5 years ago as Rex Pickett (writer of the recently published novel, Sideways) would often hang out at our bar on his visits here from Southern California. He said he was writing a book about our region, its wines, wineries, restaurants and people. He said the bartender and a waitress were in it. I, being somewhat of a skeptic, didn’t believe it would ever be published. Boy, was I wrong! – Frank Ostini, propriétaire et Chef du Hitching Post II.

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J’ai aussi dormi au motel dans lequel Miles et son complice logent dans le film. Chaleureux (yet crappy) motel.

Un film à voir

Parce que vous êtes, comme moi, amoureux de pinot noir ou simplement pour vous divertir un vendredi soir en couple, le film Sideways vaut le coup. Voici d’ailleurs la bande-annonce:

Et voici la bande-annonce du remake japonais. Funny.

Si vous passez par le comté de Santa Barbara en Californie lors d’un futur voyage, prenez le temps de vous rendre sur les traces de Miles, au moins pour prendre un plat de grillades au Hitching Post II accompagné d’un de leurs excellents pinots noirs. Sachez qu’il est également possible de faire le parcours Sideways que voici: SIDEWAYS MAP.

Ho et si vous y allez, ramenez-moi dont une bouteille de pinot! 😉

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Références:

The ‘Sideways’ Effect

http://www.hitchingpost2.com/sideways.html

Crédits photo : bibi sauf celle du film.

Paperboy : le vin en carton

Une amie me demandait récemment comment concilier son objectif de zéro déchet avec la consommation de vin. Franchement, je ne voyais pas. Et bien voilà qu’une compagnie américaine vient peut-être de résoudre ce problème avec le packaging 100% recyclable du vin Paperboy, fait de carton.

Paperboy

L’emballage est moulé à partir de pâte à papier et doublée d’une pellicule de plastique. C’est l’entreprise Greenbottle, basée au Royaume-Uni, qui est l’instigateur du concept. Le récipient est constitué principalement de déchets industriels de papier ce qui le rend 80% plus léger que le verre. Il en coûte alors moins de carburant pour le transport des bouteilles.

Les avantages du contenant

– Les amoureux de plein air, de randonnée et de canot-camping seront heureux d’obtenir une solution légère.

– Il n’y a pas de risque de rupture et le carton est plus facile à recycler que le verre.

Paperboy
PAPERBOY est le premier emballage de vin recyclable à 100%.

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Et le contenu ?

Ayant obtenu un échantillon du vin, j’avais hâte de le déguster. J’espérais surtout qu’il soit à la hauteur de mes attentes justifiant l’achat futur dudit flacon.

Mes impressions

Au nez on note de subtils arômes de fruits rouges confiturés, de poivre rose et d’épices douces. En bouche, le vin est boisé et pourvus de tanins asséchants. Un léger sucre résiduel est également perceptible. Sans être un grand vin, il s’agit d’un vin qui se boit facilement et plaira à l’amateur débutant. Accompagnez-le d’un steak grillé et le tour est joué. Après tout, la saison du BBQ n’est pas encore terminée! Carafez-le dont quelques minutes. 

Paperboy red blend est un vin rouge aromatique et souple à base de Zinfandel, de Merlot, de Petite sirah et de Syrah. Il est disponible au coût de 18,95$. Le vin est passé six mois en barriques de chêne françaises et américaines, ce qui en fait un typique vin californien. – SAQ

Ho et n’ayez crainte, le vin ne goûte ni le carton, ni le plastique!

Est-ce que plusieurs vignerons se tourneront vers cet emballage écolo ? Seul l’avenir nous le dira. De mon côté j’apprécie le look du contenant et ses avantages. Sur ce, je vous laisse, je pars en rando avec ma bouteille de carton ! 😉

[Photos prise par bibi avec son Iphone – à l’aide de la lentille Olloclip pour les macros]

Dix réflexions californiennes

De retour d’un séjour en Californie dans le comté de Santa Barbara au Wine Bloggers Conference (WBC14), je reviens avec quelques apprentissages et constats en plus.

– Du zinfandel, ça peut être bon, parfois. >> Désolée pour les amoureux du zin, mais j’ai toujours pensé qu’il était impossible que j’apprécie ce cépage un jour. Et voilà que j’en ai dégusté des intéressants. Pas de quoi écrire une lettre à ma mère, mais quand même, je m’ouvre à la découverte de ce cépage.

–  J’ai l’immense envie de me retaper le film Sideways en sirotant un bon pinot noir. >>  J’ai d’ailleurs rapporté le pinot noir du producteur et propriétaire du célèbre restaurant où ont été tournées quelques scènes du film, le Hitching Post II. Superbe pinot, vraiment. J’y suis allée avec un ami anglais rencontré à la conférence. On a pris le temps de manger et ensuite on est passés au bar pour déguster d’autres vins de la maison. Assise à côté d’un habitué qui me racontait l’avant et l’après-effet Sideways, je dégustais ces délicieux pinots. Un touriste est entré pour demander un verre de merlot, on s’est regardés avec le sourire en coin. Ceux qui ont vu le film comprendront, pour les autres, louez-le vite en vous assurant d’avoir un bon vin à boire en même temps.

Hitching Post II

Hitching Post

– Pour aider un consommateur, il faut d’abord le respecter. >> Le conférencier Tim Hanni, Master of Wine, m’a captivée avec sa présentation « Understanding wine perception, preferences & values ». Il a mis en lumière l’absurdité du jugement de goût que les professionnels posent parfois. Voici un exemple éloquent : vous allez vous acheter une paire de chaussures et le vendeur vous apporte une paire que vous n’aimez pas, vous les essayez et êtes vraiment inconfortable. On verrait mal un vendeur vous répondre que vous allez vous y habituer, qu’il existe des cours pour apprendre à être confortable dans ces souliers et qu’un jour vous serez assez intelligent pour comprendre le confort de ce soulier, comme les professionnels. Et voilà. Cessons de dire aux gens ce qu’ils devraient boire et incitons-les à la découverte de manière positive et humble.

– Suivre le cours WSET était une bonne idée. >> L’an dernier à Londres, j’ai eu du mal à saisir comment les Anglais dégustaient. À des années-lumière de ce que j’avais appris à l’ITHQ, le WSET m’a permis non seulement de comprendre cette méthode largement utilisée pour déguster, mais je réalise également que je peux dorénavant voyager n’importe où et parler de vin avec les producteurs en français aussi bien qu’en anglais. Et ça, ce n’est pas rien. J’apprécie le cadre théorique que ce cours m’a apporté, autant que la logique systématique qui m’aide quotidiennement à mieux déguster.

– On est loin de la coupe aux lèvres. >> Tel un ti-cul qui se fait remettre à sa place dans la cour d’école, chaque rencontre de pros me permet de voir le chemin que j’ai encore à parcourir. En même temps, c’est ce qui est le plus excitant dans ce domaine, il y a tant à apprendre. Et quand je me fais confiance, je ne cesse de m’améliorer en dégustation.

– L’assemblage de pinot noir et sauvignon blanc, c’est non. >> Un producteur nous a fait goûter son «Sauvignoir». Le vin et le producteur semblaient sortis tout droit d’une bande dessinée. Je passe.

Sam's dago red

– Je préfère le pinot noir aux assemblages bordelais de Santa Barbara. >> Non, mais y’en a marre des « Bordeaux blend ».

– Je veux encore plus faire de vidéos pour mon blogue. >> J’ai vu une conférence d’un duo de blogueuses qui fait exactement (sensiblement) le même concept de vidéos que je suis en train de développer pour mon blogue. J’adore faire ces capsules et ce nouveau format me ressemble encore plus. À suivre…

– J’aime les blogueurs vin. >> Situé à mi-chemin entre le professionnel et l’amateur néophyte, le blogueur vin se sent parfois isolé. Ce sont de vrais passionnés. Il le faut pour prendre le temps d’écrire, de faire des recherches, de prendre des photos de toutes les bouteilles bues, tout cela bénévolement. J’ai rencontré quatre blogueurs intéressants, un peu fous au Wine Bloggers Conference. Des gens avec qui je veux vraiment garder contact. Puisque chacun a sa spécialité, je sais que je vais apprendre d’eux et je compte bien suivre leur blogue. [Je vous les partagerai dans un billet à venir.]

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– Une conférence de blogueurs vin, c’est dur sur le foie et ça dilate la rate. >> Que de partys et afterpartys mémorables, de dégustations matinales accompagnées de plats épicés. Vraiment, mon foie m’en veut encore. Ça valait le coup quand même!

Voilà, je reviens de ce voyage avec de fabuleux souvenirs et motivée à continuer ce blogue et à vous partager mes découvertes.

[Prochain billet sur mon voyage à Santa Barbara, Californie : le vignoble Lafond, un Québécois à Santa Barbara.]

Les vins de la Californie pour une bonne cause

Si vous êtes un assidu de L’apprentie sommelière, vous avez lu mon billet le plus personnel: Le vin de l’amitié. Ce billet qui raconte le terrible destin de mes si bons amis: leur accident et la perte d’un fils, mon filleul. Voilà qu’un événement de dégustation de vins de la Californie est organisé pour venir en aide au centre de réadaptation dans lequel mon ami Guillaume est présentement soigné. L’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec est plus qu’un centre venant en aide aux traumatisés, son personnel humain et dévoué rend ce passage obligé beaucoup plus tolérable. J’ai vu l’ergothérapeute suivre les envies de mon ami de rentrer chez lui pour une fin de semaine, la physiothérapeute s’exclamer devant les progrès rapide de l’ami, l’obligeant à revoir ses traitements.

Alors voilà, ce centre a besoin de fonds pour fonctionner et une dégustation de vins de Californie est organisée le 1er avril prochain à Québec. J’y serai car mon ami m’a demandé de l’accompagner. Il me ferait vraiment plaisir de vous y voir également, par solidarité avec mes amis, mais aussi avec tous les bénéficiaires de l’institut.

Californie

Forte du succès retentissant des dernières éditions, la Fondation Élan, en collaboration avec l’Institut des vins de Californie, récidive en organisant l’événement qui fait rêver les œnophiles à la recherche de crus riches, intenses et savoureux : le Festival des vins de Californie.

Lors de cette soirée distinctive ayant pour décor le majestueux terminal de croisière Ross Gaudreault, plus de 90 producteurs présentent chaque année plus de 350 produits, dont plusieurs sont offerts en exclusivité. Pour agrémenter cet événement, soit la plus importante tournée vinicole au Canada, des bouchées gastronomiques sont servies en accompagnement.

De plus, l’utile se joint à l’agréable puisque les profits de l’activité sont entièrement dévolus aux usagers de l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ). Lors de la dernière édition, le Festival des vins de la Californie faisait escale pour une 7e année consécutive, au terminal de croisière Ross Gaudreault, où la somme record de 102 000 $ a été amassée. Depuis sa création, c’est plus de 500 000 $ qui ont été recueillis dans le cadre de cet événement de prestige. Ces sommes servent à combler des besoins prioritaires et à répondre aux demandes pressantes de personnes aux prises avec une déficience physique, ainsi qu’à l’acquisition d’équipements et de matériel pour l’IRDPQ.

Il ne reste pas beaucoup de billets, alors réservez votre place dès maintenant:

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