Pedralonga

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L’arrivée surprise

Nous revenions d’une visite incroyable à Pazo Baión avec des gens chaleureux, un décor bucolique, une dégustation de très bons albariños accompagnés de délicieux petits tapas. En m’assoyant dans l’autobus, je me suis dit que la prochaine visite ne pourrait être aussi extra. On nous informe que le vignoble Pedralonga est à 30 minutes de route. Tant mieux, un peu de repos ne nous fera aucun mal. On s’endort rapidement. Dix minutes plus tard, je suis réveillée par une discussion animée entre le chauffeur et un homme aux jeans troués, les cheveux en bataille. On nous informe que le chemin pour se rendre au vignoble est trop étroit et que nous devrons marcher le reste. En marchant, j’observe Miguel, notre hôte. Plus il parle, plus je le trouve sympathique. Nous arrivons devant sa maison, dans laquelle une grande pièce est convertie en chai. Alors que nous revenions d’un château, le chai dans la maison, c’est plutôt convivial et sans prétention. Je suis conquise.

Nous visitons alors les vignes. Miguel, l’oenologue de Pedralonga, cherche des grappes d’albariño et de caiño tinto à nous faire goûter. C’est l’heure du coucher du soleil, les vignes sont magnifiques avec leurs teintes orangées et rouges trahissant la saison froide d’automne.

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Les vins

Élaborés selon les préceptes de Rudolf Steiner, père fondateur des principes de la biodynamie, les vins du vignoble Pedralonga sont droits, frais et typiques de ce à quoi on peut s’attendre d’un albariño, avec le petit côté nature en plus. Des vins plus complexes avec plus de matière que ceux dégustés jusqu’à présent et plus ronds, témoignant d’un élevage sur lies. Sur les millésimes dégustés, j’ai préféré le 2011, plus complexe, plus long et avec une minéralité qui me plaît.

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Miguel nous explique que l’étiquette des vins change chaque année selon l’élément qui a été le plus déterminant et caractérise le millésime.

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Le vieux millésime

Un collègue de voyage demande alors à Miguel s’il est possible de faire vieillir un vin issu de ce cépage. Miguel nous demande alors si l’on a envie de déguster un 2001. Hell yes. Le clou du spectacle. Ne me parlez plus, je n’entends pas, je suis avec mon verre d’albariño de Pedralonga 2001. Pouvez-vous nous laisser seuls, svp?

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Jusqu’à présent, on nous avait dit que l’albariño n’était pas un cépage qui vieillit bien, mais ici c’est autre chose. Le vin est complexe, davantage sur les fruits confits, mais toujours aussi charmeur et son acidité vive prouve hors de tout doute que le vin est encore bien vivant.

L’histoire

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Le père de Miguel, Francisco Alfonso, débarque vers la fin de notre discussion avec de vieilles photos de ses ancêtres. Vigneronne depuis plusieurs générations, la famille Alfonso a vécu une rude période alors que les difficultés financières l’a obligée à céder le vignoble aux créanciers. En travaillant fort, la famille a pu racheter le vignoble des années plus tard.

J’aimerais vous donner plus de détails, mais mon espagnol ne me permettait pas de comprendre toute l’histoire familiale. Une chose est certaine, le vin était bon et Miguel et Francisco, de vrais hommes bons. Nous sommes partis muets, comme si la rencontre nous avait émus.

Je suis repartie avec un magnum d’albariño autographié des mains de Miguel. Ça, je le garde pour une occasion spéciale.

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[Les vins de Pedralonga sont importés au Québec par l’agence Symbiose vins.]

J’ai été invitée par Denomination of Origin of Rías Baixas pour ce voyage de 5 jours de découvertes dans le Rias Baixas.

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